vendredi 10 septembre 2010

[Presse] L’INRP entre dilution et dissolution

Article publié le 10.09.10 sur http://www.educpros.fr

L’avenir de l’INRP (Institut national de la recherche pédagogique) est en train de se jouer ou de se rejouer. Deux rapports, celui du directeur de l’Institut et celui de l’AERES préconisent son rapprochement institutionnel avec l’ENS de Lyon.
Deux rapports réduisant la voilure de l’INRP sont tombés coup sur coup en juillet 2010. Le rapport de l’AERES recommande de « reconnaître et conforter l’identité de l’INRP, en liaison avec l’ENS de Lyon, en le dotant d’un statut qui lui donne l’autonomie nécessaire pour remplir l’ensemble de ses missions nationales et pour devenir pour le pays une tête de réseau en sciences de l’éducation». Une formulation qui laisse ouverte différentes formes d’intégration avec la menace d’une réduction sévère des missions de l’Institut.
Le rapport de l’AERES suggère aussi des suppressions de postes, mais parmi les personnels techniques et administratifs, dont les effectifs sont supérieurs à ceux de la recherche. « La gestion administrative pourrait vraisemblablement supporter, sans perte notable de qualité, une diminution modéré des effectifs, déjà largement initiée depuis quelques années », indique l’AERES dans son rapport. Autres mesures d’économies envisagées : développer davantage les contrats de recherche et réduire les publications papier. « Le montant (un million d’euros) de la délégation consentie par le CA au directeur » est par ailleurs jugé « élevé » par les rapporteurs.

Les enseignants détachés en ligne de mire

Dans son propre rapport, Jacques Moret, le directeur de l’INRP nommé il y a un an, propose lui aussi une « insertion au sein de l’ENS ». Celle-ci pourrait se faire « soit dans le cadre du contrat quadriennal de l’ENS de Lyon avec l’Etat, soit en direct avec la composante qu’il représentera au sein de l’ENSL ». Il préconise une "universitarisation" de l’Institut avec une tutelle unique, celle du ministère de l’Enseignement supérieur contre la double tutelle Education nationale-Enseignement supérieur actuelle.
Cette proposition se traduirait par la suppression de l’emploi des enseignants du secondaire détachés pour faire de la recherche, qu’il compte remplacer par 15 postes d’enseignants-chercheurs. L’INRP est actuellement composé de 230 personnels sur son budget propre, dont seulement un tiers pour la recherche. L’originalité de son réseau scientifique repose sur les quelque 800 « chercheurs associés », pour la plupart des professeurs du secondaire mis à disposition à temps partiel ou rémunérés sur des crédits d’heures supplémentaires.

L’Education nationale en pleine réévaluation

Sur un budget consolidé de 19 millions d’euros, l’INRP bénéficie d’une subvention de l’Etat de 13 millions d’euros qui assure l’essentiel de son fonctionnement. De quoi attiser, selon certains, des envies d’économies pour le ministère de l’Education nationale, en vue de la réduction des 16 000 postes en 2011.
Une idée qui n’est pas neuve. Un rapport d’audit de 2007 recommandait même la dissolution de l’INRP dans l’optique de la réduction du nombre de fonctionnaires (RGPP). Et l’institut de recherche, créé sur les fondations du Musée pédagogique par Jules Ferry et aujourd’hui installé à Lyon, Paris, Rouen et Marseille, est dans la ligne de mire de plusieurs rapports depuis plus de 15 ans. L’AERES suggère que l’INRP, après avoir été démembré en partie dans les années 1970, se rapproche de nouveau du CNDP et de l’ESEN, pour éviter des missions en doublon.
Cette restructuration intervient dans un contexte où la plupart des structures d’évaluation du système éducatif sont en sous-régime ou carrément sans direction, comme le relèvent les auteurs du précieux Atlas des fractures scolaires en France que publient les éditions Autrement. L’OVE (Observatoire de la vie étudiante) est toujours sans président et le CIEP (Centre international d’études pédagogiques) sans directeur, alors qu'il édite la Revue internationale d'éducation. L’IGEN (Inspection générale de l’Education nationale), qui ne publie quasiment plus aucun rapport, pas même son rapport annuel l’an passé, a toujours pour doyen François Perret, dont le mandat expirait fin juillet. La DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) quant à elle a vu la diffusion de ses publications largement réduite ces dernières années (ses Notes d’informations sont passées de 51 en 2007 à 18 en 2009). Pour leur part, les Cahiers pédagogiques se sentent menacés après la réduction de moitié de la subvention ministérielle à la rentrée.     
Ironie de l’histoire ? Luc Chatel avait remis en avant l’INRP, en avril 2010, en lui demandant d’organiser un séminaire sur « l’école et la nation » suite aux polémiques suscitées par le débat sur l’identité nationale. Une bouée avant le lâchage ?
Fabienne Guimont

jeudi 9 septembre 2010

[Lettre] Lettre aux ministres de l'Education Nationale et de la Recherche

(Une version de ce texte a été envoyée à Mme. Pécresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche)

Les sections syndicales de l’INRP, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation
Cachan, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, le 9 septembre 2010


Lettre ouverte des personnels de l’INRP…
à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale



Monsieur le Ministre,

Quel devenir pour l’Institut National de Recherche Pédagogique ?
Êtes-vous vraiment favorable à sa disparition par absorption dans l’ENS de Lyon, à l’abandon de la tutelle de l’Éducation nationale, à la suppression de l’association d’enseignants du premier et du second degrés à la recherche ? Quel serait le bénéfice pour votre ministère de détruire cet instrument unique qu’est l’INRP ?
Vous venez, avec Madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de confier à J. Samarut, Président de l’ENS de Lyon, une mission sur les “conditions d’intégration” de l’INRP à cet établissement ; lors d’une séance extraordinaire, le Conseil scientifique et le Conseil d’administration de l’INRP, le 17 septembre 2010, doivent être informés des orientations retenues par ses tutelles concernant l’évolution de l’INRP et la procédure choisie pour les mettre en œuvre.
Dans ces circonstances, les divergences entre les conclusions du Rapport Moret et les recommandations du Rapport préliminaire de l’AERES laissent les personnels perplexes et inquiets. Refusant le statu quo, ils attendent de la refondation annoncée, comme le mentionne le rapport Moret, un approfondissement des missions de l’INRP, une opportunité pour “repenser ses priorités scientifiques de façon globale en cohérence avec le paysage existant de la recherche en éducation” (p4) et assurer un fonctionnement en réseau garant de “la valeur ajoutée de l’INRP au système éducatif” (p5). Si ces visées correspondent aux préconisations de l’AERES de “pérenniser les missions centrales de l’INRP” –diffusion des résultats de la recherche en éducation, évaluation des innovations pédagogiques, expertise opérationnelle acquise sur le terrain grâce aux enseignants associés, actions de formation des enseignants, veille scientifique et technologique, conservation et développement des collections muséographiques et bibliographiques en matière de recherche en éducation– (p.27),  les propositions du rapport Moret, marquées par la RGPP et le désintérêt des ministères pour les questions éducatives, sont en contradiction avec ces objectifs.
Le rapport Moret souligne qu’“aucun autre établissement n’offre un service comparable en France” en couvrant à la fois les domaines de la recherche, de l’ingénierie pédagogique, de l’expertise, des ressources et de la médiation” (p.60) pour autant l’éventail des solutions –plateforme de recherche sans chercheurs permanents, abandon du Musée National de l’Éducation (Rouen), saupoudrage ou dilution de l’histoire, abandon de la tutelle Éducation nationale et du programme 214 de la LOLF, rattachement exclusif à la Recherche et au programme 150, repli régional par l’insertion dans l’ENS de Lyon, etc.– dessine un avenir en creux, étiolé, contraint, tournant le dos aux intérêts majeurs du système éducatif. La “préservation” de l’identité de l’INRP lors de l’intégration dans l’ENS de Lyon serait illusoire dans ces conditions et contreviendrait à la recommandation de l’AERES “de ne pas mettre en péril la vocation nationale de l’INRP ni sa capacité à accompagner les nécessaires évolutions du système éducatif français” (p27)
Les missions de l’INRP ne sont pas celles de l’ENS de Lyon ce que souligne le rapport préliminaire de l’AERES qui recommande de “reconnaître et conforter l’identité de l’INRP, en liaison avec l’ENS de Lyon, en le dotant d’un statut qui lui donne l’autonomie nécessaire pour remplir l’ensemble de ses missions nationales et pour devenir pour le pays une tête de réseau en sciences de l’éducation sur la base de partenariats régionaux, nationaux et internationaux” (p.29).
Les questions d’éducation et de formation doivent être traitées à l’écoute de tous les acteurs en s’inscrivant dans la durée, en s’appuyant sur des composantes, des compétences, des métiers complémentaires. L’INRP est en mesure de proposer une démarche efficace, offrant les mêmes garanties de confrontation internationale et de robustesse des résultats de recherche que la communauté scientifique à laquelle il appartient, mais prenant en compte les expériences sociales sur l’éducation. Trop de réformes ont échoué ou été détournées parce qu’elles avaient négligé cette expérience. L’aide au pilotage implique une circulation des savoirs entre l’Université, les responsables politiques et administratifs, le corps enseignant et les personnels d’encadrement, les lieux de formation, les parents, les élèves, les collectivités territoriales.
L’INRP, dont l’histoire se confond avec celle de l’École républicaine, a la légitimité et la logistique pour assurer une telle mission qui a des implications statutaires, humaines, financières et de gestion. Il doit être national, autonome, porteur d’un programme national de recherche en éducation et formation pour travailler en réseau national et international avec tous les acteurs du monde éducatif, avec les décideurs français et européens et participer à la constitution du volet recherche de la formation des enseignants qui doit se développer en France comme il l’est à l’étranger.
Dans ces conditions, il n’est pas possible, au 1er janvier 2011, de faire de l’INRP refondé un appendice de l’ENS de Lyon, qui a déjà à surmonter les conséquences de sa fusion entre lettres et sciences. L’INRP refondé doit être un EPST, sous tutelle interministérielle, conservant ses métiers et ses composantes, inscrit à la fois dans les programmes 150 et 214 de la LOLF, disposant des moyens financiers et humains à la hauteur de ses missions. Alors, tous les partenariats scientifiques, institutionnels et de gestion pourront être fructueux, avec l’ENS de Lyon bien sûr, mais aussi le CNDP, le CNED, l’ESEN…

Voulez-vous vraiment, Monsieur le Ministre, renoncer à la tutelle de l’Éducation nationale sur l’INRP et le dissoudre dans l’ENS de Lyon, détruire l’association des enseignants à la recherche en supprimant les moyens pour les enseignants détachés et associés ? Serez-vous le ministre de l’Éducation nationale qui, comme le relève déjà la presse, “invente l’institut de recherche jetable” ?
Les personnels de l’INRP souhaitent une refondation constructive de leur institut, sans violence institutionnelle des tutelles venant s’ajouter à “l’instabilité de la gouvernance” dénoncée par l’AERES.

Avec toute notre considération


Les sections syndicales de l’INRP, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation

mardi 7 septembre 2010

[Presse] L'ENS de Lyon absorbera bientôt l'Institut national de recherche pédagogique

Article paru dans Le Progrès le 07/09/2010
Hier, lors d'une cérémonie célébrant la rénovation du restaurant de l'ENS, il y avait des invités surprise. Une bonne cinquantaine de personnels de l'Inrp, travaillant sur le site de Lyon Gerland, se sont présentés avec des pancartes dénonçant « l'absorption de leur institut par l'ENS ». Autre image parlante, une silhouette représentant le ministère de l'Education nationale traînant un boulet symbolisant l'Inrp. Manière de signifier une inquiétude, relayée par les sections syndicales FSU, CFDT, CGT et Unsa de cet institut national, implanté à Lyon. « Au sein de l'ENS, nous ne sommes pas convaincus de pouvoir assurer toutes nos missions, notamment faire le lien entre la recherche et le terrain », résume Annie Feyfant, déléguée CFDT du personnel.
Rien n'est encore officiel. Mais il y a toutes les raisons de penser l'intégrations sera effective dès le 1er janvier. L'Inrp est décrié depuis longtemps. Nommé en septembre 2009, le directeur Jacques Moret était d'ailleurs chargé de présenter les axes de sa refondation. Une dernière chance pour l'autonomie selon les uns, une mission commandée « insertion à l'ENS » selon les autres. Le directeur a rendu son rapport fin juillet au ministère. Le document laisse ouvertes les deux pistes.
Au cœur du problème, la réelle efficacité de l'établissement. Censé conduire des travaux de recherche, répondre à des commandes d'intérêt national et apporter sa contribution au fonctionnement de l'école sur le volet pédagogique, l'Inrp reste en effet un objet non identifié pour le commun des enseignants. Les équipes s'y juxtaposent, des colloques de haut vol s'y succèdent, des travaux pointus y sont réalisés... Mais tout cela demeure peu visible et pas toujours en phase avec la réalité des classes. Il faut dire que le ministère de l'Education nationale, faute de commandes claires, n'a pas souvent aidé ce bel outil à exprimer son potentiel.
Le nouveau directeur a toujours affiché son intention de rendre l'institut plus réactif sur les questions concernant le système éducatif. Il souhaitait aussi que les travaux des chercheurs puissent (davantage) irriguer les pratiques des enseignants. Il affirmait enfin sa volonté d'ouverture à l'international. En revanche, il est toujours resté plus vague -et plus prudent- sur « l'insertion » de l'institut au sein de l'ENS de Lyon.
Ces derniers mois, l'Inrp s'est recentré sur ses missions. Il vient notamment d'ouvrir une plateforme pédagogique très pratique pour les enseignants débutants. Cela n'empêche son absorption prévisible. A l'ENS, le directeur Olivier Faron promet que l'Institut y gagnera « en lisibilité » mais n'y perdra pas en termes de personnels. Le président Jacques Samarut se défend de souhaiter une quelconque « dissolution » et souligne la cohérence des missions de l'Inrp avec celles de l'ENS en terme de formation. Mais il reste plusieurs questions en suspens à trancher. Notamment le maintien d'une gouvernance propre à l'Inrp, le choix de la tutelle (recherche ou éducation), le sort du musée de l'Education à Rouen, la mutualisation des moyens administratifs ainsi que les missions prolongées de certains enseignants qui font office de chercheurs.
Muriel Florin

lundi 6 septembre 2010

Tracts

(Tracts Distribués à l'occasion de l'inauguration du restaurant administratif du site ENS-Lyon Descartes en présence des directeurs de l'INRP, de l'ENS-Lyon, du CROUS, du Président de l'ENS-Lyon, du recteur et du conseiller spécial Education-Recherche à la Région)


[Communiqué] Tract intersyndical

(remis à l'occasion de l'inauguration du restaurant administratif du site ENS-Lyon Descartes en présence des directeurs de l'INRP, de l'ENS-Lyon, du CROUS, du Président de l'ENS-Lyon, du recteur et du conseiller spécial Education-Recherche à la Région)



Les sections syndicales de l’INRP
CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation
Lundi 6 septembre 2010



NON au démantèlement de l’INRP
OUI à un établissement national aidant au pilotage du système éducatif


Les personnels de l’INRP s’opposent à une dissolution de l’institut dans l’ENS de Lyon :
      - parce que le rapport remis, fin juillet, aux ministères de tutelle, par le directeur de l’INRP, souligne qu’aucun autre établissement n’offre un service comparable en France dans les domaines de la recherche, de l’ingénierie pédagogique, de l’expertise, des ressources et de la médiation.
       - parce que le rapport préliminaire d’évaluation de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) sur l’INRP n’est pas encore rendu public et qu’une décision aussi lourde ne se prend pas sans tenir compte d’une évaluation extérieure préalable (serait-elle favorable et chercherait-on à en retarder la publication ?) ;
      - parce que les enseignants-chercheurs, les enseignants-détachés ou associés, les personnels de recherche et de formation, les personnels administratifs souhaitent s’engager dans un projet fort pour l’éducation des citoyens de demain, pour la formation des enseignants, pour l’information des cadres de l’éducation.
      -parce que le Musée National de l'Éducation et la bibliothèque, bases historiques de l'INRP disposant de fonds uniques ne peuvent être abandonnés ou dispersés pour de simples questions d'économies.
Dès lors, comment comprendre que le Ministère de l’Éducation nationale puisse envisager de se désengager d’un établissement public national dont les missions sont reconnues par la plupart des acteurs du monde éducatif (éducateurs, enseignants, inspecteurs, parents, recteurs, etc.) ?
Restrictions budgétaires ?
Mise au placard de la recherche en éducation et en formation ?
Vision étriquée de l’éducation et du concept de pédagogie ?
Création d’un nouvel institut d’études sur le système éducatif ?


L’INRP n'est pas soluble dans l’ENS de Lyon.

vendredi 3 septembre 2010

[Presse] Chatel invente le centre de recherche jetable

Publié dans LIBERATION le 03/09/10
Par VERONIQUE SOULE

En avril, le ministre de l’Education, Luc Chatel, était bien content de trouver l’INRP - l’Institut national de recherche pédagogique - pour organiser un séminaire sur les «rapports entre l’école et la nation hier et aujourd’hui». Au lendemain du désastreux débat sur l’identité nationale animé par Eric Besson, l’ordre était venu du Château de lui trouver une suite autrement plus respectable, voire scientifique, dans l’idéal même avec des intellectuels. L’INRP, un institut de recherche sérieux, avait alors reçu la mission d’organiser un colloque, inauguré par le ministre en personne. Mais le temps a passé. Et aujourd’hui Luc Chatel cherche désespérément à économiser des postes - 16 000 en 2011 après les 16 000 de cette année. Officiellement, on parle d’«optimiser des moyens» qui ne seraient pas répartis au mieux… Dans les faits, on cherche partout, dans les moindres recoins, car toute économie est bonne à prendre. Et aujourd’hui, l’INRP se retrouve menacé.
Au départ, l’institut était sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur. Il y a trois ans, assez logiquement car l’INRP fait de la recherche appliquée et s’adresse avant tout aux enseignants, il est passé sous l’égide de l’Education nationale. Et voilà que maintenant celle-ci veut s’en débarrasser et le renvoyer à l’Enseignement supérieur. La rue de Grenelle économiserait ainsi les 13 millions d’euros de subventions alloués chaque année à l’INRP. «On savait depuis plusieurs mois que le ministère cherchait à se débarrasser de nous,explique Annie Feyfant, du Sgen-CFDT.Comme nous sommes à Lyon, sur des terrains de l’Ecole normale supérieure, il s’agirait de nous y intégrer en partie, dans des laboratoires de recherche. Mais bien sûr, le personnel, qui compte actuellement 220 personnes, serait réduit.» A commencer par les 40 enseignants qui y sont détachés et qui seraient rapatriés devant des classes.
Pour le Sgen-CFDT, cette possible disparition illustre le peu de cas fait par le gouvernement de la recherche sur le système éducatif - son mode de gouvernance, l’évaluation de telle ou telle mesure, la pédagogie - «comme s’il n’y avait pas besoin de réfléchir à tous ces sujets». Cela renvoie, selon le syndicat, à la réforme de la formation des enseignants qui se met en place cette année et qui sacrifie la partie pratique de la formation. Mais là, deux conceptions s’affrontent : ceux pour qui les professeurs doivent être d’abord d’excellents spécialistes, et les autres pour qui le plus brillant mathématicien ne fera pas automatiquement un bon prof. Un débat sans fin.