lundi 4 octobre 2010

[Article] Noces ENS / INRP, la mariée n’est pas d’accord

Article publié le 04/10/10 sur  http://www.cafepedagogique.net, par Eric Sanchez, maître de conférence INRP/Université de Sherbrook.

"Les difficultés que rencontrent les enseignants dans les classes peuvent elles être résolues par quelques chercheurs qui, coupés du « terrain », écrivent des articles illisibles par l'instituteur de la classe unique d'Avenas ? En quoi la recherche qui est menée à l'INRP aide-t-elle nos politiques à prendre des décisions pour l'avenir de notre système éducatif ? Alors que l'intégration forcée de l'INRP dans l'Ecole normale supérieure de Lyon est programmée pour janvier, Eric Sanchez, maître de conférences à l'INRP, tente une réponse. Ce point de vue personnel sur les activités de l'INRP montre en quoi cet institut est unique et ce que peut coûter son intégration dans une instance de recherche pure.


« Une intégration de l'INRP au sein de l'Ecole normale supérieure de Lyon à compter du 1er janvier 2011 », telle est la décision des ministres de l'enseignement supérieur et de la recherche et de l'éducation nationale présentée par le président, Bernard Bigot, au cours du conseil d'administration de l'Institut du 17 septembre dernier. Depuis, les choses sont allées très vite. Les personnels ont exprimé, par la voix de leur intersyndicale, leur refus d'une décision vécue comme une « violence institutionnelle », dix des douze membres du conseil scientifique nommés par le ministre ont démissionné pour marquer leur indignation de n'avoir pas été saisis, une pétition a recueilli plus de 3000 signatures dont bon nombre de chercheurs étrangers et Yves Winkin, ancien directeur de l'ENS, a été nommé pour conduire ce projet à son terme [1].

L'INRP est un établissement public administratif placé sous les tutelles des ministères de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche. Son histoire débute avec le musée pédagogique créé en 1879 par Jules Ferry, devenu ensuite institut national de la recherche et de la documentation pédagogique puis INRP depuis la création du centre national de documentation pédagogique (CNDP) en 1976. L'INRP c'est 28 enseignants-chercheurs, 41 professeurs de l'enseignement primaire et secondaire, 158 BIATOS et un réseau de 715 enseignants affectés dans des établissements scolaires qui collaborent aux équipes de recherche. L'INRP c'est aussi un musée de l'éducation à Rouen et une des plus grandes bibliothèques en éducation d'Europe (près de 600 000 volumes). C'est un lieu de recherches, de ressources, d'expertises et de formation. Quand on circule dans les locaux du siège social aujourd'hui situés à Lyon, on y croise donc des chercheurs de l'Institut et des enseignants du secondaire mais aussi des chercheurs d'universités françaises et étrangères, des formateurs, des institutionnels et des personnels d'encadrement.

Faisons-nous l'avocat du diable. Après tout, quelle est l'utilité d'une telle structure pour notre pays ? Le Royaume Uni s'est débarrassé du BECTA [2] cet été. La France devrait-elle conserver l'INRP ? Les difficultés que rencontrent les enseignants dans les classes peuvent elles être résolues par quelques chercheurs qui, coupés du « terrain », écrivent des articles illisibles par l'instituteur de la classe unique d'Avenas ou du prof du collège de Vaux en Velin ? [3] En quoi la recherche qui est menée à l'INRP aide-t-elle nos politiques à prendre des décisions pour l'avenir de notre système éducatif ? Une intégration de l'INRP dans l'ENS n'est-elle pas le gage d'un recentrage sur des missions pertinentes par rapport au contexte et la production d'une recherche de haut niveau ?

En réponse à ces questions je voudrais apporter des éléments, certes fragmentaires, mais que je tiens de mon expérience d'enseignant détaché devenu maître de conférences à l'INRP et qui a été membre élu du conseil scientifique pendant trois ans.

L'INRP souffre d'une position inconfortable dans le paysage éducatif. Ce n'est pas un véritable laboratoire universitaire. Il ne peut donc être évalué avec des critères uniquement académiques. Son caractère d'institut de recherche lui confère néanmoins une certaine liberté qui lui permet de s'affranchir d'un strict respect de la ligne de pensée institutionnelle. Son public est mal identifié. Il peut s'agir des enseignants, des formateurs, des personnels d'encadrement ou des chercheurs eux-mêmes selon les ressources produites. De surcroit, l'INRP est très largement ignoré de ses ministères de tutelle qui ne s'adressent guère à lui pour lui passer commande.

On mesure mal l'impact des travaux conduits à l'INRP sur notre système éducatif. Combien de professeurs des écoles savent que l'opération « la Main à la Pâte » est conduite par l'Institut ? Dans quel autre lieu se déroulent des journées d'études où les enseignants peuvent présenter et diffuser les innovations qu'ils ont mises en place dans leurs classes ? Mesure-t-on bien l'intérêt de la participation d'un enseignant à une équipe de recherche INRP et les conséquences sur sa pratique, sur celle de ses collègues et, au-delà, sur ses stagiaires lorsqu'il devient formateur ?

On sous-estime l'influence de l'Institut à l'international. Tous mes collègues québécois connaissent l'INRP, mes étudiants lisent Aster [4] et utilisent les dossiers de la veille scientifique et technique (VST) pour leurs mémoires. Nombreux sont les chercheurs de l'INRP à participer aux réseaux internationaux et à collaborer à des projets européens. J'ai souvent pu constater en échangeant avec des collègues étrangers que l'INRP est connu au-delà de nos frontières et que son image est bonne. Le dernier rapport de l'AERES qui pointe les faiblesses de l'INRP dans ce domaine me semble ne pas l'avoir suffisamment pris en compte.

L'INRP est une interface. Il permet d'établir des liens entre des équipes de recherche, entre des chercheurs de différentes disciplines, entre des institutionnels et la recherche, entre des enseignants de différents niveaux, de différentes disciplines. Les interfaces sont généralement des lieux où se déroulent des phénomènes intéressants mais c'est aussi là que les choses deviennent complexes et sources de tensions. L'INRP est surtout un outil précieux qui permet des échanges entre le monde de la recherche en éducation et les praticiens. De nombreux pays qui mènent une réflexion sur cet aspect déplorent l'absence d'une structure permettant la mise en place de tels échanges [5]. La dernière table ronde que j'ai animée à l'INRP faisait dialoguer un inspecteur général, un chercheur en éducation et un enseignant. Il me semble que chacun s'est enrichi de ce dialogue et je ne vois pas que d'autres lieux qui le permettent.

L'INRP a donc une histoire chaotique et complexe dont l'avant dernier épisode tragique a été sa délocalisation à Lyon. C'est un outil dont l'utilité est sous-estimée et qui est sous-utilisé par ses ministères de tutelle. Pour autant le scénario d'intégration à l'ENS peut-il constituer une réponse aux difficultés rencontrées ? On peut en douter tant les modèles de référence sont différents. Dans le domaine de la formation continue, lorsqu'il s'agit d'accompagner la réforme des programmes de 2000, l'ENS de Lyon met en place un site disciplinaire dont la mission est de diffuser des informations scientifiques auprès des enseignants de sciences de la vie et de la Terre. Plus récemment, lorsque le ministère décide de promouvoir une nouvelle approche de l'enseignement scientifique, l'INRP s'appuie quant à lui sur la participation des enseignants aux équipes de recherche qui réfléchissent à de nouvelles démarches et organise, en partenariat avec les corps d'inspection, journées d'études et formations. Approche fondée sur les contenus disciplinaires vs approche pédagogique, l'intégration de l'INRP dans l'ENS pose la bien question de la solubilité du pédagogisme dans l'élitisme.

La lettre de mission d'Yves Winkin prévoit une « autonomie intellectuelle » pour le nouvel INRP intégré mais peut on raisonnablement imaginer qu'une liberté de décision soit possible dans le cadre d'une dépendance administrative ? Par ailleurs, l'avenir des enseignants associés est plus qu'incertain. L'INRP ne sera plus sous la tutelle de l'éducation nationale et malgré la volonté affichée de contractualiser avec la DGESCO pour continuer à associer les enseignants aux recherches, on peut en douter. Comment concilier la durée nécessairement longue des travaux de recherche avec les changements de priorités de l'institution ? Quant aux chercheurs et enseignants, très majoritairement en situation de détachement, le scénario le plus probable est un retour vers leurs universités et établissements scolaires d'origine.

L'intégration de l'INRP dans l'ENS n'est pas un mariage comme le suggère le titre de la dernière Lettre de l'Education [6]. Le marié est un jeune homme de bonne famille mais la présumée mariée n'est pas amoureuse. Il est peu probable que ce projet conduise à une intégration. Le greffon ne paraît pas compatible. Ce n'est même pas une dissolution à laquelle il faut s'attendre - la miscibilité est douteuse - mais plutôt à une disparition. Les motivations profondes de cette disparition ne sont certainement pas d'ordre scientifique puisque le conseil scientifique de l'établissement n'a pas été saisi. Très probablement, L'ENS récupèrera des postes, des locaux, un fond documentaire précieux et pourra développer des recherches qui s'inscriront dans la culture propre de l'établissement. Cette disparition annoncée n'est pas un acte isolé. Elle participe d'une lame de fond marquée par des suppressions massives de postes d'enseignants, par une formation initiale qui n'a de formation plus que le nom, par la diminution ou suppression des subventions aux mouvements éducatifs et, plus généralement, par un désengagement de l'Etat très inquiétant.

mercredi 29 septembre 2010

[Communiqué] Rencontre Direction ENSL/Intersyndicale INRP

Les sections syndicales de l’INRP, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation

L’intersyndicale a rencontré lundi 27 septembre, M.M. Samarut, Faron, Winkin
Délégation: Vincent Alamercery CGT, Christophe Boshouwers SGEN-CFDT, Marie-Françoise Boyer-Vidal FSU, Sabine de Lagarde SGEN-CFDT, Marie-Claude Derouet-Besson FSU, Annie Feyfant, SGEN-CFDT, Annie Portier UNSA, Pierre Vérillon CGT

En introduction MM. Samarut et Faron reprennent les propos tenus en AG en insistant sur les aspects positifs de l’opération pour les deux partenaires. Ils veulent apaiser la tension, M. Faron reconnaît avoir été négatif lors de l’AG, « il faut être constructifs », "bâtir un beau projet" pour obtenir les moyens nécessaires au développement commun.

Nous avons rappelé les demandes des personnels (en gras) et obtenu les réponses suivantes (en italiques). Les délégués du personnel…
• persistent à demander la création d’un établissement ayant l’autonomie comptable, scientifique, contractuelle et la personnalité juridique et morale lui permettant d’assurer ses missions nationales et internationales au service de la recherche en éducation et en formation ;
Pas de commentaire.
• demandent communication de la lettre de mission ministérielle à Monsieur Samarut et de la lettre de mission de Monsieur Samarut à Monsieur Winkin 
Les lettres ont été remises, voir ci-joint.
• demandent que toutes les missions de l’INRP, dit actuel, soient celles de l’INRP, dit nouveau, et que tous les contrats et conventions en cours soient conduits jusqu’à leur terme ;
Accord de principe sur les missions mais possibilité d’en ajouter de nouvelles…
Accord de principe sur les conventions et contrats après inventaire (à fournir par l’INRP)…
• demandent que le projet scientifique issu du processus en cours respecte ces missions et s’appuie sur les compétences des personnels de l’INRP ;
« C’est évident. »
• demandent que les personnels de l’INRP soient associés à la conception et à la rédaction du prochain contrat quadriennal de l’ENS de Lyon et que le projet de contrat soit examiné par les instances de l’INRP, CS, CTPC, CA ;
Le contrat de l’ENS pour le prochain quadriennal sera revu et augmenté avec les personnels de l’INRP. L’état actuel du projet quadriennal de l’ENS nous sera fourni… Quelques axes forts doivent être définis (intérêt pour le supérieur et les pratiques pédagogiques à l’université).
Le passage devant les instances de l’INRP est légal mais pour information.
• demandent que la pérennité des affectations et des conditions de travail soit assurée pour tous les personnels y compris les contractuels ;
Cela sera défendu. Les contractuels seront défendus et l’ENS fera le maximum pour assurer la poursuite de leurs contrats. Ils soulignent que l’ENS a aussi des enseignants détachés (pour leur cellule pédagogique), donc il est possible d’en avoir d’autres. C’est aussi une question de gestion de la masse salariale. Il faudra mettre le paquet pour obtenir les fonds nécessaires.
• demandent que l’interface avec les personnels de l’INRP respecte les étapes suivantes :
– une entrevue avec les chefs de service et les responsables d’équipes ou de recherche,
– un entretien avec l’ensemble du service ou de l’unité
– si nécessaire et uniquement sur la base du volontariat, des entretiens individuels au cours desquels les agents pourront, s’ils le désirent, être accompagnés
– les premiers entretiens doivent concerner les contractuels dont les contrats seront prolongés a minima jusqu’au 31 août 2011 ;
L’ENS explique qu’il ne faut pas confondre ce qui relève de la mission de Y. Winkin (qui organisera une rencontre avec les responsables de chaque service et unité, puis avec leurs personnels) et d’autre part ce qui relève de la DRH, avec les entretiens individuels. Sur ce point, tous les personnels (et non les seuls contractuels) peuvent être concernés, et pas les seuls volontaires, « car l’ENS a besoin de connaître les profils et compétences des personnels… »
• demanderont aux autorités compétentes que soient respectés les arrêtés concernant les enseignants détachés ; que tous les agents le souhaitant puissent bénéficier d’un dispositif favorable pour l’évolution de leur carrière ;
Sur les enseignants détachés, l’ENS a eu des assurances. Sinon, « elle ne s’engagerait pas dans ce processus »…
• demandent que la « cellule de proximité » informe l’ensemble des personnels au moins une fois par mois du processus en cours ;
Là aussi, il faut s’entendre sur les termes. Ce que les délégués nomment « cellule de proximité » (terme de M. Bigot) est pour l’ENS la « cellule de pilotage » qui comprend Recteur, l’ENS (MM. Faron, Samarut, Winkin), Directeur de l’INRP, président INRP, et un haut fonctionnaire spécialiste du droit. Cette dernière se réunit tous les 15 jours.
Deux groupes de travail sont conduits par Y. Winkin, un sur "recherche, formation, diffusion des savoirs" (dont la composition peut être revue…) et un autre sur les "ressources" (regroupant bibliothèque, édition, informatique, logistique…), d’autres petits groupes seront constitués selon les besoins.
• demandent qu’une rencontre avec l’Intersyndicale ait lieu au moins tous les quinze jours et que la composition de tous les groupes et le calendrier des entretiens collectifs soit connus ;
« C’est entendu ».

En marge des questions ci-dessus, quelques propos tenus :
- les primes seront homogénéisées sur la base la plus élevée.
- la mobilité interne (INRP-ENS et ENS-INRP) sera encouragée.
- le musée : il faudrait que les collectivités territoriales s’impliquent davantage…

[Interview] INRP : « L'ENS de Lyon n'a aucune vocation à mener un quelconque plan social »


Interview d'Olivier Faron, directeur général de l'ENS-Lyon, paru dans AEF 29/09/10
« Il est nécessaire d'avoir une cohérence dans l'effort public », affirme Olivier Faron, directeur général de l'ENS de Lyon, au sujet du projet d'intégration de l'INRP, vendredi 24 septembre 2010. « Dans une logique de campus qui se renforce, peut-on avoir deux agents comptables, deux bibliothèques, etc. ? », interroge le directeur, qui assure par ailleurs que l'ENS « n'a aucune vocation à mener un quelconque plan social ». Olivier Faron évoque une « commande claire » des ministères, celle de « réfléchir au projet d'intégration de l'institut, avec une vraie autonomie scientifique et intellectuelle, dans le cadre des statuts de l'ENS de Lyon ». Il répond aux questions d'AEF avec Yves Winkin, directeur adjoint de l'ENS chargé de formaliser les missions du nouvel INRP, dont le rapport est attendu pour le 15 novembre 2010.

*AEF : *Quels statuts envisagez-vous pour le nouvel INRP ?

*Olivier Faron : *Au départ, il y a une demande explicite de la tutelle, et un soutien fort, sans quoi nous ne serions pas engagés dans ce processus. Il y a une commande claire des deux directeurs de cabinets [des ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche], qui est de réfléchir au projet d'intégration de l'institut, avec une vraie autonomie scientifique et intellectuelle, dans le cadre des statuts de l'ENS de Lyon. Il est nécessaire d'avoir une cohérence dans l'effort public : dans une logique de campus qui se renforce, peut-on avoir deux agents comptables, deux bibliothèques, etc. ?

*Yves Winkin : *Nous devons essayer de trouver une forme nouvelle, qui pourra servir de modèle à d'autres établissements, articulant autonomie intellectuelle et prise en charge matérielle. Notre objectif est que l'institut redevienne à nouveau « incontournable » dans son domaine. Afin de renouer avec sa mission de réflexion sur l'éducation, il faut pour l'INRP nouveau un comité stratégique, un conseil scientifique qui aura une vocation prospective. Il peut être composé des grands spécialistes du monde de l'éducation, des représentants d'institutions comme le CIEP, le CNDP et les IUFM, ainsi que des spécialistes internationaux.

*AEF : *Comment allez-vous gérer la question des personnels ?

*Yves Winkin : *Pour ce qui est des enseignants détachés et des chercheurs associés, ils constituent un outil exceptionnel pour les remontées du terrain et il n'est pas du tout dans notre intention de nous en priver. Les écoles normales doivent sortir de l'anti-pédagogisme primaire : nos métiers sont partagés depuis longtemps, ce n'est donc pas une alliance contre-nature. En ce qui concerne le musée de Rouen, je vais leur rendre visite en octobre. Dans le cadre de la diffusion des savoirs, un redéploiement sur la muséologie pourrait devenir la liaison entre ce musée et l'INRP.

*Olivier Faron : *Je rappelle que l'ENS est une structure publique, nous ne sommes pas une entreprise qui mènerait une opération de fusion-acquisition… Et nous n'avons aucune vocation à mener un quelconque « plan social » ! Avec l'INRP, nous serons face aux mêmes problématiques que lors de la fusion des deux ENS, où nous avons défendu l'emploi public : cela s'est bien passé, nous savons faire (AEF n°125555 ). Dans le cadre de la mission d'Yves Winkin, les directions des ressources humaines vont procéder à des entretiens individuels des agents administratifs, y compris les contractuels, afin d'évaluer leurs profils et les possibilités. Le rapport présenté le 15 novembre donnera des orientations scientifiques et nos demandes en termes de masse salariale. Nous allons dire ce que doit être selon nous cet institut, et les moyens que nous demandons en conséquence : nous verrons ensuite si la tutelle nous suit et si les personnels y adhérent.*

AEF : *Quels seront les domaines de recherche à développer ?

*Yves Winkin : *Mon objectif premier est de proposer aux équipes quelques lignes de force. Le rapport de l'Aeres recommande par exemple de renforcer la recherche sur l'enseignement primaire (AEF n°137446 ) : je vais aller voir les enseignants-chercheurs, les directeurs de labos, pour leur demander ce qu'ils en pensent. Je vais aussi m'inspirer des structures comparables à l'étranger, par exemple au Québec (universités de Laval et de Montréal). Ma logique pour la recherche est de reconstituer toute la chaîne éducative, du primaire au supérieur. Il faut en particulier mener une réflexion sur la pédagogie envers les jeunes adultes, arriver à trouver des méthodes d'enseignement spécifiques à l'enseignement supérieur.

*Olivier Faron : *Le travail sur l'éducation peut porter de la recherche la plus fondamentale, avec pourquoi pas les sciences cognitives, jusqu'aux problématiques qui intéressent toute la société. Le centre Alain-Savary pourrait devenir l'agence nationale d'évaluation des politiques d'égalité des chances. Nous sommes dans une logique de renforcement des missions, il faut par exemple plus de réponses aux appels d'offres internationaux. Je pense aussi que l'INRP peut se saisir du métier de la formation continue.

[MNE] Six millions pour rien?

Par is Nor Man Die