jeudi 2 décembre 2010

[Communiqué SNESUP] INRP: arrêtez le massacre !

Le  gouvernement entend précipiter le démantèlement de l’INRP. Le rapport
«  Winkin  »  confirme  la  volonté  de  piloter  étroitement les axes de
recherche  du  nouvel  institut sans statut propre, qui résulterait de la
dilution de l’INRP dans l’ENS Lyon. Il annonce aussi la disparition d’UMR
existantes.  A  partir  du  6  décembre  prochain, un projet de décret de
dissolution  au  1er  janvier 2011 va être soumis aux CTP de l’INRP et de
l’ENS  Lyon, puis au CSE (Conseil Supérieur de l’Education) et au CNESER.
Il  prévoit  le  transfert  à  l’ENS  Lyon des biens et des personnels, à
l’exception  de  ceux  du Musée National de l’Education, que le projet de
texte  exclut  de ce transfert, sans pour autant donner d’indications sur
son avenir.

Comme  la  réforme  dite  de  «  mastérisation », ce démantèlement est un
nouveau  coup  porté  au  service  public  d’Education.  Et, à l’image de
l’absence  totale  de  concertation, le CA de l’INRP n’a, à ce jour, émis
aucun vote sur ce projet.

Le  SNESUP condamne la démolition de l’INRP, la situation de maltraitance
dans  laquelle  sont  plongés  les  personnels quant à leur avenir et les
dangers   qui  pèsent  sur  la  conservation  du  patrimoine  en  matière
d’éducation  et  sur  les  possibilités  de son exploitation scientifique
(Musée,  service  d’Histoire  de  l’Education).  Le  développement  de la
recherche  en éducation est  indispensable à une formation de haut niveau
des  enseignants  et  à  la  réussite  des élèves et étudiants. Elle doit
s’appuyer,  en étroite relation avec les établissements d’enseignement et
leurs  enseignants,  sur  le  potentiel de recherche de l’INRP, celui des
IUFM   et   des   UFR,  alliant  les  disciplines  universitaires,  leurs
méthodologies et la recherche sur les pratiques.

Le  SNESUP  rappelle son exigence de négociations sur l’avenir de l’INRP,
permettant  notamment  la  définition concertée d’un  projet scientifique
pour   l’institut   et   son  inscription  dans  le  paysage  national et
international de la recherche en Education. Dans cette attente, le SNESUP
exige le retrait de ce projet de décret de dissolution.
Paris, le 30 novembre 2010

mardi 30 novembre 2010

[Article] L'INRP mis à mort

ArticleINRP RevueEE Def 2

[Communiqué syndical] Sombre avenir pour le CNED et ses personnels : Grève le 30 novembre

Communiqué de presse  FSU 29 nov 2010

Après une étude confiée à grands frais à un cabinet d’audit, le Centre National d’Enseignement à Distance (CNED) est « en voie de modernisation ».
Sa structure hiérarchique et géographique est cassée et remplacée par 8 directions « intersites ».
Les plans « marketing » se multiplient et les agents ne savent plus de qui ils dépendent et quelle est leur mission. La fermeture de certains sites est  annoncée.

Pourtant, depuis sa création le CNED, service public d’enseignement à distance, a rempli une mission irremplaçable de formation et d’accès aux diplômes et aux qualifications auprès de milliers de jeunes ou d’adultes, qui ne pouvaient, pour différentes raisons, suivre un enseignement « présentiel » (maladie, éloignement d’un centre universitaire, absence de formation proche, activité professionnelle…).
   
Le personnel, qui, dans des conditions de plus en plus difficiles dues aux restrictions budgétaires et à un désengagement de l’Etat, répond aux demandes des inscrits, est mobilisé pour s’opposer  au démantèlement annoncé du CNED.

A l’occasion de l’annonce d’un nouveau plan numérique, Luc Chatel a d’ailleurs traité avec le plus grand mépris leur  travail, caricaturant les services offerts aux usagers, et oubliant la dimension humaine de l’enseignement à distance au profit d’un virtuel, déjà utilisé et développé, dont on mesure bien, pour lui, l’avantage…en terme de postes !

La FSU appelle les personnels du CNED à la grève le mardi 30 novembre, jour du Conseil d’Administration du Centre.

samedi 27 novembre 2010

[Presse] Un institut pour une nouvelle réflexion sur l'éducation

paru le 24/11/10 dans Le Figaro

POUR tous ceux qu'inquiète la dégradation progressive du système scolaire français, le sigle INRP, pour Institut national de la recherche pédagogique, incarnait jusqu'à présent les dérives d'une recherche en sciences de l'éducation totalement dévouée à la promotion des pédagogies constructivistes et d'un jargon « didacticien » dont les effets sur la formation des jeunes professeurs avaient été désastreux.
L'INRP, qui fut dirigé entre 1998 et 2001 par Philippe Meirieu, symbole de ce courant de pensée, avait d'ailleurs perdu de son influence et de sa superbe, jusqu'à sa reprise en main en 2009 par un nouveau directeur, Jacques Moret. En juillet 2010, les ministres de l'Éducation nationale et de la Recherche ont donc confié à l'École normale supérieure de Lyon le soin de préparer une intégration de l'INRP à sa propre structure.
« Se faire respecter »
En jeu, la renaissance d'une pensée française sur l'éducation (alors que les premiers grands pédagogues étaient français), des bases pour une formation initiale et continue des enseignants, et l'organisation de la formation tout au long de la vie, en lien avec le monde économique.
Un rapport signé par Yves Winkin, directeur adjoint de l'ENS Lyon, détaille aujourd'hui les modalités de cette intégration, ainsi que l'organisation possible de ce qui deviendrait l'Institut français de l'éducation (IFE). Un changement de nom dont les tenants de l'INRP ancienne version ont aussitôt souligné qu'il abandonnait la très symbolique référence à la « recherche pédagogique ». «  Un principe sous-tendra toutes les productions de l'IFE, précise le rapport  : l'éducation ne se résume pas aux sciences de l'éducation, et celles-ci ne se résument pas à la didactique.  »
Mieux, Yves Winkin l'affirme, «   l'Institut a vocation à prendre en charge des questions qui ont une résonance dans la vie quotidienne des parents, comme la question du bonheur à l'école. Nous pouvons aussi offrir des solutions aux jeunes professeurs, grâce à des travaux lancés sur les pratiques dans la classe pour peu à peu se faire respecter.  » Mais pour cela, des études de long terme sont nécessaires, et qui surtout ne s'éloignent pas du terrain.
Loin des vieux dogmatismes, ce rapport veut croire qu'un institut intégré à l'École normale supérieure de Lyon pourrait devenir un outil pour les professeurs.
Prendre en charge des questions qui ont une résonance dans la vie quotidienne des parents, comme la question du bonheur à l'école 
YVES WINKIN, DIRECTEUR ADJOINT DE L'ENS LYON

lundi 15 novembre 2010

[Communiqué CS] REFUS DES ÉLUS DE SIÉGER AU CONSEIL SCIENTIFIQUE DU 15 NOVEMBRE 2010

Communiqué des sections syndicales de l’INRP
CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Éducation

Les conseillers élus au Conseil Scientifique de l’INRP refusent unanimement de siéger le 15 novembre 2010 puisque la définition du projet scientifique de l’INRP n’est toujours pas au cœur de l’ordre du jour.
Au moment où M. Yves Winkin, rend son rapport sur l’intégration de l’INRP à l’ENS de Lyon, les conseillers élus ont demandé son invitation au Conseil scientifique pour être informés des perspectives qu’il envisage et en débattre. La date du 15 novembre étant impossible pour cette rencontre et un report du Conseil scientifique refusé par le Président des Conseils de l’INRP, les élus refusent de siéger…
Ce refus survient après la démission de dix des douze conseillers extérieurs pour protester contre le fait qu’ils n’ont "jamais été saisis de l'actuel scénario et n'ont donc pas été mis en mesure de le réfléchir et de l'influencer, la dernière séance en date des deux conseils n'ayant consisté qu'en une pure et simple information descendante, certes assortie d'échanges, mais sans aucune possibilité d'infléchir la décision". Estimant "que les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre leur travail avec quelque chance d'être entendus", ils ont envoyé leur démission à la ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur dès le 21 septembre 2010.
Ce refus s’ajoute aux protestations des sections syndicales de l’INRP qui, dès le 17 juillet 2009, attiraient l’attention sur la disparition du débat scientifique à l’INRP et insistaient sur la nécessaire restauration des instances puis à celles des élus qui avaient formulé par écrit, en mars 2010, la "demande instante et solennelle d’une réorganisation des modalités de fonctionnement du Conseil scientifique".
Le conseil scientifique aurait dû être systématiquement associé, dès l'origine, à l’élaboration de tous les projets sur l'évolution de l'INRP, dans la perspective d'un travail collectif et participatif, fructueux et de qualité. Les conseillers élus au Conseil Scientifique constatent que tel n'a pas été le cas. À l'heure où se joue l'avenir de l'INRP, ils manifestent leur engagement pour l’institut par ce refus de cautionner le fonctionnement formel du conseil.

Communiqué intersyndical

Vendredi 5 novembre, dans les locaux de l'APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement Public) à Paris, les initiateurs de la pétition en soutien aux missions de l'Institut National de Recherche Pédagogique (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3245) ont rendu publiques les 3800 signatures réunies à ce jour, qui ont été transmises aux ministres de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et au premier ministre.
Le ministre de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, refusant les propositions des personnels et de leurs organisations représentatives pour l’évolution de l'institut, ont demandé à l'ENS de Lyon d’intégrer l'INRP et de préciser les modalités de cette intégration dans un rapport. A quelques jours de la remise de ce rapport, le 15 novembre, les organisation soussignées : 
- affirment la nécessité d'un institut national de recherche pédagogique, qui permette à des dizaines de chercheurs et des centaines d'enseignants de travailler ensemble, d’être des partenaires actifs des recherches pour améliorer la qualité de l'éducation et assurer la réussite de tous élèves ;
- demandent les moyens financiers et humains, en particulier ceux des enseignants détachés et associés, qui conditionnent ce type de recherches ; 
- demandent un statut permettant à l'INRP d'assurer l'ensemble de ses missions nationales, de définir sa politique scientifique et de respecter les libertés scientifiques et pédagogiques de ses personnels ;
- refusent toute dissolution de l'INRP, tout démantèlement, tout abandon ou transfert de composantes (Musée National de l’Éducation de Rouen, Service d’histoire de l’Éducation de Paris, bibliothèque de Lyon...), qui feraient disparaître le potentiel de l’INRP.
Les organisations soussignées soutiennent la mobilisation des personnels de l'INRP. Elles considèrent que l'intégration autoritaire de l’INRP dans l'ENS de Lyon ne répond pas aux enjeux actuels du système éducatif, elles soutiennent un projet scientifique fort pour un établissement national qui associe recherche, ingénierie pédagogique, expertise, aide à la décision, ressources, formation de formateurs, médiation et qui porte une ambition de service public tournée vers tous les acteurs de l’éducation à l’échelle nationale, européenne et internationale.
Contact : Intersyndicale INRP <intersynd.inrp@gmail.com>

Signataires

Association de chercheurs
Association Sauvons la recherche (http://www.sauvonslarecherche.fr)
AIRDF (Association internationale pour la recherche en didactique du français, http://www.airdf.org)
ARCD (Association pour des recherches comparatistes en didactique)
ARDiST (Association pour la Recherche en Didactique des Sciences et des Technologies http://ardist.aix-mrs.iufm.fr)
ARDM (Association pour la Recherche en Didactique des Mathématiques http://ardm.eu/)
ADIREM (Assemblée des Directeurs d'Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Mathématiques)

Associations d'enseignants
APLV (Association des Professeurs de Langues Vivantes, http://www.aplv-languesmodernes.org/)
APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement Public, http://www.apmep.asso.fr/)
Les Clionautes (association de professeurs d'histoire-géographie pour l'usage des TICE dans l'enseignement, http://www.clionautes.org/)
UdPPC (Union des Professeurs de Physique et de Chimie, http://www.udppc.asso.fr/national/
WebLettres (Le site associatif des professeurs de français, http://www.weblettres.net/)

Les syndicats nationaux
Fédération UNSA éducation
FSU
SGEN-CFDT
SNES-FSU
SNESup-FSU
Fédération des syndicats SUD éducation


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L'Intersyndicale INRP (FSU, SGEN-CFDT, SNTRS-CGT, UNSA-éducation)